
L'entrée d'un parent en maison de retraite coûte souvent entre 2 000 et 3 500 euros par mois, bien au-delà de sa pension. Lorsque ses ressources ne suffisent pas, le conseil départemental peut prendre en charge la différence au titre de l'aide sociale à l'hébergement — mais il se retourne alors vers les enfants, et parfois les petits-enfants et les gendres et belles-filles, pour leur réclamer une participation au titre de l'obligation alimentaire. Le parent lui-même, ou l'établissement, peut aussi agir directement. Ces demandes surprennent des familles qui ignoraient cette obligation, et créent des tensions entre frères et sœurs sur la répartition. Le montant réclamé n'est jamais définitif : il se discute devant le juge aux affaires familiales, qui tient compte des ressources de chacun — et certains enfants peuvent en être déchargés.
Le cabinet Drai Attal, avocat à Lyon 3e, assiste les obligés alimentaires et les parents créanciers devant le juge aux affaires familiales de Lyon, des tribunaux du Rhône, de Paris et d'Île-de-France. Maître Pascale Drai Attal exerce en droit de la famille depuis 1992.
Le fondement : les articles 205 et suivants du Code civil
Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère et autres ascendants qui sont dans le besoin (article 205). Cette obligation est réciproque et s'étend aux gendres et belles-filles envers leurs beaux-parents (article 206), tant que dure le mariage et qu'il existe des enfants vivants de cette union. Les petits-enfants sont également tenus envers leurs grands-parents. En revanche, il n'existe aucune obligation entre frères et sœurs, ni envers les oncles, tantes ou beaux-parents d'un concubin.
L'obligation est proportionnée aux besoins de celui qui la réclame et aux ressources de celui qui la doit (article 208). Elle est due en principe sous forme de pension mensuelle, mais peut être exécutée en nature (hébergement du parent) lorsque le juge l'autorise.
Qui peut réclamer ?
- Le parent lui-même, qui saisit le juge aux affaires familiales contre un ou plusieurs de ses enfants.
- Le conseil départemental, lorsqu'il accorde l'aide sociale à l'hébergement (ASH) en EHBAD ou en foyer : la loi impose au président du conseil départemental de fixer la participation des obligés alimentaires, dont il fait l'avance, et de saisir le juge en cas de désaccord. Il peut également, après le décès du parent, récupérer les sommes versées sur sa succession, et, dans certains cas, sur les donations qu'il avait consenties.
- L'établissement d'accueil, qui peut agir directement contre les obligés alimentaires pour les frais d'hébergement impayés, sur autorisation du juge.
- Le centre communal d'action sociale ou l'hôpital, pour certaines dépenses.
La demande d'aide sociale impose au parent de déclarer l'identité de ses obligés alimentaires ; chacun est ensuite invité à indiquer ses ressources et à proposer une participation.
Comment est calcul ée la participation ?
Il n'existe aucun barème légal. Le conseil départemental applique généralement un barème indicatif propre, souvent fondé sur le revenu du foyer de l'obligé après déduction d'un minimum vital et de certaines charges, avec un pourcentage progressif. Ces barèmes n'ont aucune valeur contraignante : seul le juge aux affaires familiales fixe définitivement la contribution, en fonction :
- des besoins réels du parent : coût de l'hébergement, ressources (pension, APL, APA, patrimoine mobilisable, revenus fonciers), après épuisement de ses propres moyens ;
- des ressources et charges de chaque obligé : revenus du foyer, loyer ou crédit, enfants à charge, autres pensions versées, état de santé ;
- de la répartition entre les obligés, chacun ne pouvant être condamné qu'à proportion de ses facultés, sans solidarité.
Le juge peut tenir compte du patrimoine du parent : un bien immobilier peut être vendu ou loué avant que les enfants ne soient sollicités, et la récupération sur succession permet au département de se rembourser sur ce patrimoine après le décès.
Le conseil du cabinet : ne signez pas le formulaire de proposition de participation du département sans avoir chiffré vos charges réelles. Une participation acceptée trop vite est difficile à revoir ; une contestation argumentée devant le juge aboutit fréquemment à une réduction, et parfois à une décharge.
La décharge de l'obligation alimentaire
L'article 207 du Code civil permet au juge de décharger l'obligé de tout ou partie de sa dette lorsque le créancier a lui-même gravement manqué à ses obligations envers lui. Sont retenus : l'abandon de l'enfant, les violences, la maltraitance, le désintérêt total pendant l'enfance, le retrait de l'autorité parentale. Depuis 2024, la loi dispense de plein droit de l'obligation alimentaire les enfants dont le parent a été condamné pour un crime ou un délit commis contre eux, ainsi que ceux qui ont été retirés à leur famille et confiés à l'aide sociale à l'enfance pendant au moins trente-six mois cumulés avant leurs douze ans. La preuve des manquements — décisions de justice, attestations, dossiers de l'ASE — est déterminante. Le cabinet assiste les enfants dans ces demandes, fréquentes et légitimes.
Les gendres et belles-filles cessent d'être tenus au décès de leur conjoint lorsqu'il n'y a pas d'enfant vivant de l'union, et en cas de divorce.
La procédure
- La phase amiable : réponse au conseil départemental, proposition chiffrée, négociation de la répartition entre frères et sœurs. Un accord entre obligés évite le contentieux.
- La saisine du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire du lieu de résidence du créancier, par le parent, le département ou un obligé. La représentation par avocat n'est pas obligatoire, mais la technicité du calcul et la présence du département la justifient.
- L'audience, au cours de laquelle chaque obligé produit ses justificatifs de ressources et de charges. Le juge peut ordonner une enquête.
- Le jugement, qui fixe la contribution de chacun, éventuellement avec effet rétroactif à la date de la demande, et qui est révisable en cas de changement de situation (retraite, chômage, décès d'un obligé, vente d'un bien du parent).
Comptez six à douze mois devant le tribunal judiciaire de Lyon.
Les enjeux financiers et patrimoniaux
L'obligation alimentaire s'inscrit dans une réflexion patrimoniale plus large : opportunité de demander l'aide sociale (et d'exposer les obligés et la succession) ou de mobiliser le patrimoine du parent (vente, viager, location) ; conséquences des donations antérieures, que le département peut récupérer dans les dix ans ; déductibilité fiscale des pensions versées pour l'obligé ; sort de l'obligation en cas de mesure de protection du parent ; voir notre page tutelle et curatelle. Le cabinet conseille les familles sur ces arbitrages, en lien avec les notaires.
Pourquoi choisir le cabinet Drai Attal ?
- Plus de trente ans de pratique des obligations alimentaires devant le juge aux affaires familiales de Lyon et de Paris.
- Une connaissance des pratiques des conseils départementaux du Rhône et d'Île-de-France.
- Une expérience des demandes de décharge pour manquements du parent.
- Une intervention pour les obligés alimentaires, les parents et les fratries, à Lyon, dans le Rhône, à Paris et en Île-de-France.
Questions fréquentes
Prendre rendez-vous
Vous êtes sollicité au titre de l'obligation alimentaire, ou vous souhaitez obtenir une pension de vos enfants ? Contactez le cabinet Drai Attal au 04 72 61 18 18 ou via le formulaire ci-dessous. Nous vous recevons à Lyon 3e ou en visioconférence.
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