
Découvrir qu'un collègue, embauché au même moment sur le même poste, gagne 20 % de plus ; constater que les femmes de l'équipe plafonnent au même coefficient depuis des années pendant que les hommes progressent ; apprendre qu'une prime est réservée à certains sans raison apparente : les écarts de rémunération sont fréquents, et ils ne sont pas tous légaux. Le principe « à travail égal, salaire égal », dégagé par la Cour de cassation en 1996, impose à l'employeur de justifier toute différence de traitement entre salariés placés dans une situation identique par des raisons objectives et vérifiables. L'égalité entre les femmes et les hommes fait en outre l'objet de règles renforcées. Le salarié qui établit une différence non justifiée obtient un rappel de salaire, une revalorisation et des dommages et intérêts.
Le cabinet Drai Attal, avocat à Lyon 3e, engage les actions en égalité de traitement et en discrimination salariale devant le conseil de prud'hommes de Lyon, les juridictions du Rhône, de Paris et d'Île-de-France, et conseille les employeurs sur la conformité de leurs politiques de rémunération. Maître Pascale Drai Attal exerce en droit du travail depuis 1992.
Le principe d'égalité de traitement
L'employeur est tenu d'assurer une égalité de rémunération entre tous les salariés placés dans une situation identique et effectuant un même travail ou un travail de valeur égale. Sont considérés comme ayant une valeur égale les travaux qui exigent des salariés un ensemble comparable de connaissances professionnelles, de capacités, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse (article L3221-4 du Code du travail). La comparaison ne se limite donc pas aux postes identiques : une infirmière et un technicien de maintenance, une responsable RH et un responsable financier, peuvent occuper des emplois de valeur égale.
La rémunération s'entend au sens large : salaire de base, primes, bonus, avantages en nature, participation, coefficient et classification, mais aussi accès à la formation et à la promotion.
Le principe s'applique à tous les écarts, quelle qu'en soit la cause. Il se distingue de la discrimination, qui suppose un motif prohibé (sexe, âge, origine, santé, activité syndicale…) et emporte des sanctions plus lourdes ; voir notre page discrimination au travail. Les deux fondements sont souvent invoqués ensemble.
Les justifications admises et refusées
L'employeur peut justifier une différence de traitement par des raisons objectives, pertinentes et matériellement vérifiables :
- une différence de diplôme utile aux fonctions, ou d'expérience professionnelle (mais l'ancienneté déjà rémunérée par une prime d'ancienneté ne peut pas être invoquée deux fois) ;
- une différence de qualité du travail, établie par des évaluations objectives ;
- des responsabilités ou une charge de travail différentes ;
- la nécessité de recruter sur un marché tendu, à condition qu'elle soit établie et que l'écart soit temporaire ;
- le maintien d'avantages acquis lors d'un transfert d'entreprise ;
- des différences résultant d'accords collectifs distincts, présumées justifiées lorsqu'elles concernent des catégories professionnelles différentes, depuis les arrêts de 2015.
Ne sont pas admises : la seule différence de date d'embauche, la négociation individuelle du salaire à l'embauche, le « marché », le sexe, la situation de famille, le temps partiel, le statut (CDD/CDI, intérim), sauf raisons objectives.
Le conseil du cabinet : la clé d'un dossier d'égalité de traitement est le panel de comparaison. Identifiez trois à cinq collègues dans une situation comparable — mêmes fonctions, ancienneté et diplômes proches — et reconstituez leur rémunération. Le cabinet peut obtenir du juge la communication de leurs bulletins de paie avant tout procès.
L'égalité entre les femmes et les hommes
L'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel, précisé par les articles L3221-2 et suivants du Code du travail. Les entreprises d'au moins cinquante salariés doivent publier chaque année un index de l'égalité professionnelle et prendre des mesures correctives en cas de score insuffisant, et négocier sur l'égalité professionnelle. Une salariée moins rémunérée qu'un collègue masculin pour un travail de valeur égale bénéficie du régime probatoire de la discrimination : elle présente des éléments de fait laissant supposer l'inégalité, et l'employeur doit prouver que la différence repose sur des raisons objectives étrangères au sexe. Le rattrapage salarial est également dû au retour de congé maternité (augmentations générales et moyenne des augmentations individuelles de la catégorie), sous peine de nullité des mesures prises en violation. La directive européenne de 2023 sur la transparence des rémunérations, en cours de transposition, renforce le droit à l'information des salariés sur les niveaux de rémunération.
Le régime de la preuve
En matière d'égalité de traitement, le salarié doit présenter des éléments de fait susceptibles de caractériser une inégalité (comparaison avec des collègues, grilles, bulletins), et il incombe ensuite à l'employeur de prouver que la différence est justifiée par des raisons objectives. Les outils à la disposition du salarié :
- les bulletins de paie de collègues (obtenus avec leur accord ou par le juge), les organigrammes, les fiches de poste ;
- la demande de communication de pièces avant procès (article 145 du Code de procédure civile), par laquelle le juge ordonne à l'employeur de produire les bulletins et contrats d'un panel de salariés, sous réserve d'anonymisation ;
- les informations du comité social et économique (bilan social, base de données économiques et sociales), les rapports sur l'égalité, l'index ;
- les grilles de la convention collective ;
- le rapport de l'inspection du travail ou du Défenseur des droits.
Les conséquences
- Le rappel de salaire correspondant à l'écart, sur trois ans (délai de prescription des salaires), ou cinq ans à compter de la révélation en cas de discrimination, avec les congés payés et intérêts.
- Le repositionnement au coefficient et au salaire du comparant, pour l'avenir.
- Des dommages et intérêts pour le préjudice subi (moral, retraite), et, en cas de discrimination, la réparation de l'entier préjudice sans limitation de durée.
- La nullité des mesures discriminatoires et la réintégration en cas de licenciement discriminatoire.
Voir notre page rappel de salaire pour les modalités de calcul et de recouvrement.
La procédure
L'action est portée devant le conseil de prud'hommes, souvent après une demande de communication de pièces en référé. Le délai est de trois ans pour les rappels fondés sur l'égalité de traitement, cinq ans pour la discrimination. Le salarié peut agir en cours de contrat, toute rétorsion étant nulle. Le cabinet constitue le panel, chiffre l'écart et plaide ; voir notre page saisir le conseil de prud'hommes. Les actions collectives (action de groupe en matière de discrimination, actions syndicales) sont également possibles.
Conseil aux employeurs
Les employeurs doivent pouvoir justifier chaque écart de rémunération par des critères objectifs et documentés : grilles de classification, critères d'évaluation, historique des décisions salariales. Le cabinet audite les politiques de rémunération, accompagne la négociation sur l'égalité professionnelle et défend les entreprises devant le conseil de prud'hommes. Voir notre page avocat employeur en droit social.
Pourquoi choisir le cabinet Drai Attal ?
- Une pratique de plus de trente ans du contentieux de l'égalité de traitement et de la discrimination devant le conseil de prud'hommes de Lyon et de Paris.
- Une méthode éprouvée de constitution des panels de comparaison et d'obtention des pièces.
- Une articulation des fondements — égalité de traitement, discrimination, égalité femmes-hommes — pour maximiser la réparation.
- Une intervention pour les salariés et les employeurs, à Lyon, dans le Rhône, à Paris et en Île-de-France.
Questions fréquentes
Prendre rendez-vous
Vous constatez un écart de rémunération injustifié ? Contactez le cabinet Drai Attal au 04 72 61 18 18 ou via le formulaire ci-dessous. Nous constituons votre dossier et vous recevons à Lyon 3e ou en visioconférence.
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