
La commission de recours amiable est le passage obligé de presque tout litige avec un organisme de sécurité sociale. Avant de saisir le pôle social du tribunal judiciaire d'une contestation contre une décision de la CPAM, de la CARSAT, de la CAF ou de l'URSSAF — refus de prestation, indu, redressement, mise en demeure, taux, affiliation —, l'assuré ou le cotisant doit saisir cette commission, dans un délai de deux mois, par une réclamation écrite et motivée. Ce recours est souvent négligé : traité comme une formalité, il est rédigé à la hâte, hors délai ou sans les pièces utiles. C'est pourtant à ce stade que se joue une part importante des litiges, et que se fixe le cadre du débat judiciaire ultérieur.
Le cabinet Drai Attal, avocat à Lyon 3e, rédige et suit les recours devant les commissions de recours amiable des organismes du Rhône, de Paris et d'Île-de-France, puis assure, en cas de rejet, la contestation devant le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon, des tribunaux du Rhône, de Paris et d'Île-de-France. Maître Pascale Drai Attal exerce en droit de la sécurité sociale depuis 1992.
Ce qu'est la commission de recours amiable
La CRA est une émanation du conseil d'administration de chaque organisme (CPAM, URSSAF, CARSAT, CAF, MSA). Composée d'administrateurs représentant les assurés et les employeurs, elle examine les réclamations formées contre les décisions de l'organisme et rend une décision — maintien, annulation ou réformation. Elle n'est pas une juridiction : elle statue sur pièces, sans audience, ne motive pas toujours sa décision de manière détaillée et peut se contenter d'entériner la position des services. Mais son rôle est réel : elle corrige les erreurs manifestes, elle est en mesure de transiger, et sa saisine est la condition de recevabilité de la saisine du tribunal.
Elle est compétente pour tous les litiges relevant du contentieux général de la sécurité sociale : affiliation, cotisations, prestations (maladie, maternité, retraite, famille), indus, pénalités, reconnaissance d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle (pour les décisions administratives), redressements URSSAF, mises en demeure. Les questions d'ordre médical relèvent, elles, de la commission médicale de recours amiable (CMRA) — état de santé, taux d'incapacité, aptitude, consolidation —, et les questions de tarification AT-MP relèvent de la cour d'appel d'Amiens. Voir notre page expertise médicale technique et médecin conseil.
Le délai de saisine
La commission doit être saisie dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Ce délai est impératif : passé, la décision devient définitive, sauf si la notification était irrégulière — en particulier si elle ne mentionnait pas les voies et délais de recours, auquel cas le délai ne court pas. En pratique :
- pour une décision explicite, le délai court de sa réception (date de présentation du recommandé, ou date figurant sur le courrier pour les lettres simples, la caisse devant prouver la notification) ;
- pour une décision implicite (silence gardé par l'organisme sur une demande pendant deux mois), le rejet implicite peut être contesté sans condition de délai tant qu'aucune décision expresse n'est intervenue ;
- pour une mise en demeure URSSAF, le délai court de sa réception et la saisine de la CRA est obligatoire avant tout recours ;
- pour une contrainte, la procédure est différente : opposition devant le tribunal dans les quinze jours.
Le cabinet vérifie systématiquement la régularité de la notification : de nombreuses décisions sont contestables au-delà de deux mois faute de mention des voies de recours.
Rédiger la saisine
La réclamation est formée par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par tout moyen permettant d'en établir la date (dépôt contre récépissé, espace en ligne pour certains organismes). Elle doit :
- Identifier le réclamant (numéro de sécurité sociale ou SIRET) et la décision contestée (date, référence, objet), en joignant sa copie ;
- Exposer les motifs de fait et de droit : erreur de calcul, condition remplie, prescription, irrégularité de procédure, mauvaise application d'un texte ;
- Joindre les pièces : bulletins de paie, certificats, attestations, preuves de paiement, courriers échangés ;
- Formuler une demande précise : annulation, réformation, remise, versement d'une prestation, avec le montant ;
- Demander la communication du dossier ou de l'avis du médecin-conseil si nécessaire.
Une saisine bien motivée facilite l'annulation par la commission et, à défaut, prépare le recours judiciaire : le tribunal ne peut être saisi que de la contestation soumise à la CRA, même si les moyens peuvent être développés ensuite.
Le conseil du cabinet : la lettre à la CRA n'est pas une plainte, c'est le premier acte d'une procédure. Rédigez-la comme des conclusions — faits, textes, pièces numérotées, demande chiffrée — et conservez la preuve de sa date d'envoi. Elle fixera le périmètre du litige devant le tribunal.
La décision de la commission
La CRA dispose de deux mois à compter de la réception de la réclamation pour statuer (délai porté à quatre mois lorsqu'un avis médical est nécessaire). Son silence vaut décision implicite de rejet, qui ouvre le droit de saisir le tribunal. Sa décision expresse est notifiée avec mention des voies et délais de recours. Elle peut faire droit à la demande, la rejeter, ou la satisfaire partiellement (réduction d'un indu, remise de majorations). Une décision favorable de la CRA s'impose à l'organisme.
En pratique, le taux d'annulation varie selon les organismes et les matières : il est significatif pour les erreurs de calcul, les indus mal fondés, les affiliations contestées ; il est plus faible pour les contestations de principe, que la commission laisse au juge.
La saisine du tribunal
En cas de rejet explicite ou implicite, le pôle social du tribunal judiciaire est saisi dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de la CRA, ou de l'expiration du délai de deux mois de silence (le délai de saisine du tribunal court alors à partir de cette date — vigilance : une décision expresse tardive fait courir un nouveau délai). La procédure est décrite sur notre page recours devant le pôle social du tribunal judiciaire. Le cabinet enchaîne la saisine du tribunal sur la réclamation initiale, en développant l'argumentation et en sollicitant les mesures utiles (expertise, communication de pièces).
Cas particuliers
- Accident du travail et maladie professionnelle : le refus de prise en charge, la date de consolidation ou le taux d'IPP se contestent, pour les aspects administratifs, devant la CRA, et pour les aspects médicaux devant la CMRA, dans les deux mois. L'employeur peut aussi contester la prise en charge devant la CRA de la caisse. Voir nos pages accident du travail et droits du salarié et maladie professionnelle.
- Redressement URSSAF : la CRA est saisie de la mise en demeure ; elle est obligatoire. Voir notre page contestation d'un redressement URSSAF.
- Retraite : les décisions de la CARSAT (liquidation, trimestres, révision) se contestent devant sa CRA ; voir notre page litige de retraite et de carrière.
- Pénalités financières : elles relèvent d'une commission spécifique, puis du tribunal.
- Remise de dette et remise gracieuse : la demande de remise n'est pas un recours contentieux ; elle peut être formée parallèlement à la contestation de l'indu.
Pourquoi choisir le cabinet Drai Attal ?
- Une pratique de plus de trente ans du contentieux de la sécurité sociale, de la réclamation à la cour d'appel.
- Une rédaction des recours conçue pour le stade judiciaire, avec pièces et argumentation complètes.
- Une vigilance sur les délais et la régularité des notifications, source fréquente d'annulations.
- Une intervention devant les commissions et tribunaux de Lyon, du Rhône, de Paris et d'Île-de-France.
Questions fréquentes
Prendre rendez-vous
Vous devez contester une décision de la CPAM, de l'URSSAF, de la CARSAT ou de la CAF ? Contactez le cabinet Drai Attal au 04 72 61 18 18 ou via le formulaire ci-dessous. Nous vous recevons à Lyon 3e ou en visioconférence.
Pour aller plus loin
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